CONSEIL REGIONAL DE L'ORDRE DES MEDECINS DE BLIDA

Wilayate de Blida - Djelfa - Médéa - Tipaza

ASSAINISSEMENT DE LA PRATIQUE MEDICALE : KHENCHELA ENTRE LUEUR D’ESPOIR ET DECLIC.

Par le Dr TERKMANE Yacine Président du Conseil régional de l’Ordre des médecins de Blida

12 septembre 2026

La Direction de la santé et de la population de la wilaya de Khenchela a publié en date du 7 septembre 2026 une note de service de rappel à l’ordre déontologique face aux dérives et à la déliquescence de la déontologie et de l’éthique des médecins libéraux, exigeant le redressement des pratiques professionnelles dans délais de 15 jours. Passé le délai de quinze (15) jours tout manquement aux règles d’éthique et de déontologie médicale exposera les contrevenants à des sanctions administratives et légales en la matière.

Nous saluons et félicitons la DSP de la wilaya de Khenchela pour cette initiative, exprimons notre grande satisfaction de voir enfin une administration officielle de la santé s’exprimer clairement et aussi fermement sur le sujet.

Le Conseil régional de l’Ordre des médecins de Blida n’a cessé depuis 2022 de dénoncer ces dérives et cette déliquescence dans de nombreux articles publiés sur la page Facebook du Conseil, dans les médias classiques et électroniques, dans les journées scientifiques organisées par notre Conseil et dans des interviews dans certains médias.

Les réseaux sociaux sont devenus depuis quelques années et de façon virale et exponentielle depuis quelques mois dans le secteur privé, le lieu commun à des dérives portant atteinte aux principes fondamentaux de l’éthique médicale, notamment la dignité de la personne, le respect du secret professionnel, l’indépendance professionnelle, la confraternité et la primauté de l’intérêt du patient.

Nous assistons au quotidien

1 – à une médecine pratiquée comme un commerce : propositions de rabais ristournes, packs promotionnels sur des actes médicaux, des pratiques de publicité. Certains médecins aliènent leur indépendance et deviennent des vendeurs, des auxiliaires commerciaux promouvant, moyennant contreparties et autres avantages, produits pharmaceutiques et cosmétiques, techniques et équipements.

2 – à un charlatanisme médical, hidjama et rokia pratiquées dans des cabinets médicaux, impliquant des praticiens mus par la cupidité et l’abus de la crédulité, et la confiance de patients vulnérables.

3 – et à une médecine spectacle avec des consultations scénarisées, patients exposés, interventions filmées et transformées en contenus promotionnels, exposition de cas cliniques à des fins d’autoglorification et de visibilité et un patient transformé en un outil, objet et support pour l’autopromotion et la survalorisation du médecin. La pudeur, la modestie, l’humilité, la confidentialité, le secret médical, la

confraternité sont balayés au profit d’une course à la visibilité, à une pseudo- notoriété, aux likes et aux followers.

Face à cette déliquescence, deux institutions sont restées coupablement muettes et en partagent la responsabilité. D’une part, l’Ordre National des médecins, quasiment inexistant, inaudible, virtuel, incolore, inodore, insipide, transparent et translucide sur ce sujet. D’autre part les directions de la santé de wilaya indifférentes et réticentes dans certaines régions à faire exécuter les sanctions disciplinaires ordinales.

C’est donc avec une réelle satisfaction que nous accueillons cette note de service, que nous considérons comme un signal particulièrement fort et salvateur dans le contexte actuel de la pratique médicale. Elle traduit une volonté claire de rappeler que l’exercice de la médecine demeure avant tout une mission fondée sur la compétence, la responsabilité, l’éthique et le respect de la dignité du patient.

Au-delà de sa portée immédiate, cette note de service pourrait constituer un véritable tournant si les principes et les décisions qu’elle énonce venaient à être généralisés à l’ensemble des Directions de la santé et de population.

Les Conseils régionaux de l’Ordre des médecins, en tant qu’instances chargées de veiller au respect des règles éthiques déontologiques dans l’exercice médical doivent être pleinement associés et activement engagés dans cette démarche d’assainissement de la profession et de protection des malades.